3 mois trop tôt : vivre la naissance d’un enfant prématuré

Hello les filles !

Samedi dernier nous avons organisé une petite fête pour Théa. N’ayant pas eu de baby shower ( voir l’article Ma baby shower : Le jour où je suis devenue maman), j’ai eu envie d’organiser cette fête comme pour marquer un nouveau départ dans notre vie et pour remercier nos amis d’avoir été si présent durant ces 3 mois d’hospitalisation.

En préparant la table et le buffet je me suis remémorée ces 3 mois et je me suis dit qu’on en a parcourue du chemin depuis la naissance de ma douce !

Mais être parent d’un enfant née extrême prématuré c’est quoi ? Et après l’hôpital ? Le quotidien ? Toutes ces questions je me les suis posées un million de fois.

J’ai envie aujourd’hui de vous livrer mes réponses et mon expérience de maman d’un extrême préma.

La prématurité c’est quoi

Alors déjà pour vous situé, il existe trois types de prématurité

La prématurité moyenne : un enfant née entre 33 et 37 semaine d’aménorrhée.

La grande prématurité : un enfant née entre la 28ème et 32ème semaine d’aménorrhée.

L’extrême prématurité : un enfant née avant 28 semaines d’aménorrhée.

Théa est née à 26 semaines, elle est donc née avec une extrême prématurité.

Avoir un enfant née 3 mois trop tôt, c’est devenir maman trop tôt !

C’est 3 mois de préparation physique et psychologique en moins et c’est surtout 3 mois de développement qui sont retiré à notre petit bout.

Mais c’est surtout s’en remettre entièrement au corps médical.

Débuter sa parentalité entouré de médecins, infirmières et machines. Se dire que la survie de notre petit bout ne tient qu’à un fil, et ce dans le sens propre !

Ne pas pouvoir prendre son enfant dans les bras quand tu le souhaites.

Le plus difficile pour moi a était de rentrer à la maison sans notre fille restée à l’hôpital. Imaginez vous devoir tirer votre lait toutes les 2 heures et ce même la nuit ! Il n’y a rien de plus triste que d’être réveillé en pleine nuit par une montée de lait et de ne pas avoir son bébé à nourrir ! Je me suis sentie comme une vache laitière pendant deux mois !

Lorsque Théa était en réanimation ( elle y est resté deux mois ) je vivais avec une épée de damoclès au dessus de la tête ! La peur constante qu’un appel de l’hôpital viendrait m’annoncer qu’elle s’en est allée… je crois qu’aujourd’hui le traumatisme fut tel pour moi que cette peur est toujours présente.

Une routine hospitalière s’installe.

Je peux vous dire qu’après autant de temps à devoir pratiquer des soins sur un poupon de 34cm et 800 grammes, le retour à la maison se fait easy ! On aurais pu devenir formateur pour futurs parents !

Être parent d’un bébé préma c’est attacher de l’importance à la moindre évolution ! Elle prenait 10 grammes et j’avais l’impression d’avoir gagné un marathon ! La semaine suivante on nous annonce une perte de poids de 20 grammes et j’ai la sensation que mon monde s’écroule ! De vraies montagnes russes émotionnelles ! Tu guette le palier des 1kg puis 1kg 100 puis 1kg 200 etc…

Un bout de ciel bleu apparaît.

Et puis vient le jour où on quitte la réa pour la zone bleu ! Très symbolique pour nous cette couleur ! C’est le ciel bleu qui apparaît après deux mois de zone orageuse et de météo incertaine !

Tu commence ( enfin ) à apercevoir le bout du couloir et à souffler. Car la zone bleu c’est plus léger, moins de soins, moins de machine. Mon rôle de mère a pu prendre place petit à petit car on m’autorise plus de contact, « on m’autorise »… rien que cette phrase me met en colère contre la vie ! C’est MON bébé, mais à l’hôpital ton droit de parent passe après.

Au bout de 3 mois on quitte l’hôpital ! On a gagné une bataille mais pas la guerre !

Être maman d’une petite pressée c’est un combat de tous les jours, même une fois rentré à la maison ! C’est devoir veiller à ce qu’elle prenne du poids convenablement. Malheureusement pour nous ça n’a pas était le cas de suite… retour donc à la case départ hôpital…

Après un séjour de 3 semaines, Théa s’est replumé de 700 grammes Youhou !

On a donc pu retourner à la maison.

Quand tu as passé autant de temps en compagnie de blouse blanche, tu deviens à mon grand désespoir un parent stressé et angoissé ! Une p☆☆ain de fixette sur l’alimentation au ml près ! Tu pèse ta pitchoune tous les 3 jours, tu te lèves 25 fois par nuit pour vérifier que son petit coeur bat toujours ! Tu te fais sponsoriser par toutes les marques de gel anti bactéries qui existe !

Le moindre microbe peut devenir un danger pour Théa.

La prématurité ne s’arrête pas à la porte de la maison, elle a manqué de 3 mois et toute sa vie elle sera en manque de ses 3 mois !

Et l’après ?

L’après ! On vis au jour le jour avec elle. On apprend d’elle et on grandit avec elle !

Chaque petite évolution est une victoire ! Une bataille de gagné contre une éventuelle séquelle. On connaît les risques de séquelles que naître si tôt peut provoquer. On essaye n’y pense pas trop ! Bien sûr que l’on veut qu »elle marche vite, parle vite, lise vite, joue vite. Mais être maman d’un enfant née si tôt c’est apprendre à être patient !

Et là phrase  » Chaque enfant a son propre rythme «  prend tout son sens pour nous.

On est tellement chanceux d’avoir notre petit bout parmi nous ! Et nombreux sont ceux qui ne comprendront jamais, je ne leur en veux pas. Car vivre la prématurité d’un enfant est quelque chose de pas naturelle que seul les parents étant passé par là peuvent comprendre !

Et puis c’est parfois des remarques à encaisser, comme  » Mais elle est petite pour son âge ! », ou bien  » vois le bon côté, avoir accouché à 6 mois t’evites les kilos du dernier trimestre « . Perso, j’aurais préféré prendre 100 kilos ( bon ptet pas non plus lol ) que d’avoir un bébé né préma.

Mais avoir un enfant né si tôt c’est surtout de l’amour et des câlins à vouloir rattraper !

Être maman de cette petite puce c’est être super fière ! Fière d’avoir une petite warrior qui s’est battue pour la vie, pour nous ! C’est savourer encore plus cette vie de famille et c’est se sentir spéciale ! Petite mais costeau !

J’ai pu lire un jour sur le mur du couloir du service réa un sticker coller au mur avec une citation de Winnie l’Ourson ( oui,oui ) qui disait :  » les plus petites choses prennent le plus de place dans votre coeur « , j’ai trouvé cette phrase tellement vraie !

Alors lorsque j’ai vue Théa lors de la petite fête, sourire et gazouiller dans les bras de nos amis, je me suis dit que cet épisode de notre vie est très douloureuse, je n’en ferais peut être jamais le deuil, mais je me dois d’avancer et de ( presque ) déchirer la page de se livre.

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